A propos

Autoportrait

Lynn S.K. Née à Alger en 1986 . Vit à Paris.  LYNN @ LYNNSK.FR

Après des études de cinéma, Lynn S.K. choisit la photographie afin d’élaborer une recherche en images autour de la sororité, la mémoire enfouie et l’entre-deux géographique, directement issue de sa propre histoire personnelle, ancrée entre la France et l’Algérie.

Son travail autour de l’identité féminine et de l’adolescence l’amène à collaborer régulièrement avec des auteures telles que Virginie Despentes autour du film Bye-Bye Blondie ou Lola Lafon pour différents romans et albums notamment Une vie de voleuse.

Lynn participe à des expositions personnelles ou collectives en France et à l’international : Chapelle Sainte Anne, Arles, les Rencontres de la Jeune Photographie Internationale, Niort, Musée National du Bardo, Alger, Queer Art Festival, Anvers… Elle collabore également à des publications pour la presse ou des maisons d’éditions (Qantara, Actes Sud, Eurozine…).


LYNN S.K. BORN IN ALGIERS. LIVES IN PARIS. LYNN @ LYNNSK.FR

After studying cinema, Lynn S.K. opted for photography in order to develop research into images around sisterhood, buried memory and the geographical in-between, directly derived from her own personal history, rooted between France and Algeria.

Her work around female identity and adolescence led her to collaborate regularly with authors such as Virginie Despentes, for the film Bye-Bye Blondie, and Lola Lafon, espacially We are the birds of the coming storm.

Lynn has participated in solo and group exhibitions in France and abroad (Chapelle Sainte Anne, Arles, Bardo National Museum, Algiers, Queer Arts Festival, Antwerpen, etc). She also collaborates with the press and publishing houses (Qantara, Actes Sud, Donna Moderna, etc).


 ☆  Télécharger le dossier artistique.  ☆ 

« Il y a dans le travail photographique de Lynn S.K. quelque chose d’extrêmement ténu et émouvant qui tient à la façon si particulière dont la jeune photographe aborde l’intime de ses modèles, de soi, de l’univers qui l’entoure, d’une façon globale et sans compromis possible d’être devant, dans les choses, entre la réalité qui se voudrait totalitaire et permanente, et le réel plus fragile des impressions, des sentiments, des ressentis, des émotions, qui se dessine et s’interprète au-delà, toujours dans le proche, le vif, le coupant de l’instant et le raccord lointain, la diffraction des événements, le mouvement invisible de l’énergie…

Il y a une façon de nous faire rentrer tout de suite dans un univers à la fois concret et mental, dans un monde où la matière fondamentale des êtres est le contraire du banal ou du terne : sensuelle, fugitive, psychique, dramatique, fantastique, poétique et pour autant incarnée, à même les corps, le tissu des êtres et des choses, l’écorchure de la réalité, l’écorce du monde dont parlait si justement Merleau-Ponty.

Une «inquiétante étrangeté » tapisse, étreint, borde ce monde de phénomènes et de nuances tactiles, sensitives, projetées et ressenties. Une tension « borderline » mêle photographie et cinéma, musique et littérature sans que l’on puisse privilégier une piste plutôt qu’une autre, sans qu’une référence ou une catégorie s’empare de ce qui est mù par ce besoin de vision le plus empiriste qui soit.

Plus l’univers semble opaque, je pense à ces quelques signes de couleur dans la nuit qui évoquent une fuite sur le bord de la route, une échappée proche de l’évanouissement ou de la transe fébrile et sauvage, plus la photographe nous contraint à envisager l’énigme de cette délivrance qu’est toute image : dialogue universel le plus primitif et sorcier dans sa résistance ultime au sens commun, aux procédures de normativité et de rationalisation.

Dans le monde hanté, habité, des « fantômes » de Lynn S.K., le deuil et la mélancolie pourraient être la clé secrète d’une sensibilité à fleur de peau, d’un regard doux, clair et pénétrant, qui sonde les textures et les apparences pour mieux raconter, au détour de captations parfois mouvantes et hallucinées, le fil d’une introspection sauvage, d’une contrée spécifique qui mêle la géographie du passé, la volupté de l’enfance, au temps du présent. »

Clémentine Feuillet, Galerie Joseph Antonin, Arles